Voyons-le / Disons-le / Stoppons-le! est le nom d’une vidéo et d’une page web d’information – très intéressante à lire à l’occasion de la Journée international de la Femme, accompagnée d’un quiz pour savoir « Êtes-vous sexiste ? ». Pour le SACE, ce sont de bons outils de sensibilisation qui peuvent nous aider à réfléchir sur nos propres attitudes et comportements. Le sexisme « ordinaire » est fait de petits réflexes quotidiens – combien de fois quand vous recevez un mail d’une personne dont le nom n’est pas genré, pensez-vous qu’il vient d’un homme, par exemple ?

Selon la toute nouvelle analyse de l’Indice des normes sociales relatif à l’égalité des sexes du programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD), 28% des hommes et des femmes dans le monde pensent qu’il est normal qu’un homme batte sa femme. L’indice mesure la manière dont les opinions de la société portent atteinte à l’égalité des sexes dans la politique, le travail et l’éducation, se basant sur des données provenant de 75 pays et couvrant plus de 80 % de la population mondiale. L’étude montre également que presque 90% des hommes et des femmes nourrissent au moins un préjugé envers les femmes, et que si dans certains pays il y a eu des améliorations, dans d’autres les attitudes se sont détériorées ces dernières années, signalant que les progrès ne vont pas de soi.

La Division pour l’Égalité entre les femmes et les hommes du Conseil de l’Europe agit pour lutter contre les stéréotypes, prévenir et combattre la violence contre les femmes, garantir l’égalité d’accès des femmes à la justice, la participation équilibrée des femmes et des hommes à la prise de décision et pour une approche intégrée de l’égalité entre les femmes et les hommes, ainsi que pour les femmes et les enfants migrants et réfugiées. Elle travaille pour assurer l’intégration de l’égalité hommes/femmes dans toutes les politiques du Conseil de l’Europe. La Stratégie pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2018-2023 est une feuille de route solide pour le progrès et une lecture intéressante.

En interne, le SACE participe à la commission de l’Egalité des chances qui s’est réuni en janvier. Un aspect intéressant de cette réunion a été la présentation d’un tableau comparatif des tendances dans d’autres organisations internationales, qui montre plus ou moins les mêmes caractéristiques : les femmes sont plus susceptibles d’être employées sur des contrats précaires, de travailler à temps partiel (bien) plus souvent que les hommes, et télétravaillent plus. Par conséquent, les mesures favorisant l’équilibre vie professionnelle-vie privée doivent être renforcées et, sans créer de la discrimination envers d’autres, doivent tenir particulièrement compte des besoins des femmes dans l’emploi. Le personnel temporaire doit disposer des mêmes possibilités de flexibilité du temps de travail, par exemple. Des statistiques sur les femmes et les hommes au Conseil sont publiées par les Ressources humaines. Un simple coup d’œil au premier tableau montre l’augmentation marquée de la répartition des postes en faveur des hommes à mesure que les grades s’élèvent, par exemple il y a plus de 80% de femmes dans les postes B1/B2/B3, pourcentage qui descend à seulement 36% pour la tranche A5/A6/A7s. En juin 2019 la Nouvelle Stratégie des Ressources humaines 2019-2023 a été adoptée. Un des cinq objectifs-clés est « l’Egalité des chances et la diversité », soulignant l’importance de la diversité sur le lieu de travail. Le champ de la diversité est évidemment plus large que celui de l’égalité entre les femmes et les hommes, mais les deux sujets sont totalement interconnectés. Le SACE espère que cette stratégie permettra à notre Organisation d’atteindre enfin l’égalité véritable.

En résumé, dans le monde et dans notre Maison, les choses ne sont pas allées très vite dans les 25 années depuis la Déclaration de Beijing, ni depuis l’adoption de la première Politique interne pour l’égalité des chances du Conseil en 2004. Il y a même des contrecoups et des renversements de tendance dans certains de nos Etats membres, et un manque de progrès définitif partout. Il y a actuellement un certain nombre de postes A5/A6 vacants et, bien sûr, un nouveau ou une nouvelle Secrétaire Général(e) adjoint(e) sera élu(e) cette année. Les résultats de ces procédures de recrutement seront très intéressants à suivre ; le SACE espère vraiment qu’ils serviront à augmenter le maigre pourcentage de 36% de femmes dans les rôles de direction élevés.

Nous avons à présent la deuxième Secrétaire Générale de l’histoire du Conseil de l’Europe (sur quatorze, soit seulement 14% !), une nouvelle Stratégie des Ressources humaines, une Division pour l’Egalité entre les femmes et les hommes qui mène l’Europe avec des politiques tournées vers l’avenir et une action de sensibilisation et des activités, tout cela combiné avec une richesse de compétences et d’expériences de nos collègues femmes, le SACE déclare que l’égalité entre les femmes et les hommes au Conseil de l’Europe doit devenir une réalité, MAINTENANT !