Ecoles européennes – Surpeuplement à Bruxelles : l’USB Commission trouve la solution proposée trop risquée, et l’écrit !

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Ecoles européennes – Surpeuplement à Bruxelles : l’USB Commission trouve la solution proposée trop risquée, et l’écrit !

NOUVELLE ECOLE EUROPEENNE A LA RUE DE LA LOI
LETTRE OUVERTE A L’ATTENTION DU COMMISSAIRE OETTINGER

Bruxelles, 08 janvier 2018

Il est de notoriété publique que les écoles européennes à Bruxelles souffrent d’un grave problème de surpopulation. Bien que les effectifs écoliers aient augmenté année après année, le bureau du secrétaire général des écoles européennes et le gouvernement belge (qui est responsable de la fourniture des bâtiments scolaires) ont persévéré dans l’absence de gestion de cette croissance. Une cinquième école européenne était nécessaire dès 2017, selon les propres prévisions du Secrétaire général, mais le projet de reprise de l’ancien site de l’OTAN n’en est qu’au stade de l’approbation avec la perspective d’ouverture du site en 2024 au plus tôt.

L’Union Syndicale a été informée que, pour remédier à ce problème, les autorités fédérales belges ont proposé de transformer l’un de leurs bâtiments administratifs d’Arts-Loi en un site scolaire temporaire. Le Secrétaire général, les directeurs des écoles et la Commission soutiennent ce projet. L’objectif est de relocaliser dans ce bâtiment des élèves du secondaire (S5-S6/S7) de deux ou plusieurs écoles européennes de Bruxelles.

Les parents ont de très sérieuses réserves sur cette proposition, qui est présentée comme la seule solution possible sans considération d’alternatives.

Un lieu très pollué …

Tout d’abord, étant un immeuble de bureaux, le site proposé ne répond pas aux exigences fondamentales d’un site scolaire. Il dispose de très peu d’espace extérieur, et certainement d’aucun espace pouvant être assimilé à un espace de détente, où les élèves pourraient passer leur temps libre. Ne peuvent non plus représenter un espace de détente les rues du quartier immédiat, qui est l’une des zones les plus encombrées de Bruxelles. Il s’agit également de l’une des zones les plus polluées, avec des niveaux de NOX atteignant 2.4 x, la limite maximale autorisée par la loi, selon une étude récente de Client Earth. Comme nous l’entendons à intervalles réguliers, ces niveaux élevés de pollution nuisent non seulement à la santé, en particulier des jeunes, qui connaissent une croissance rapide, mais également aux capacités d’apprentissage et au développement mental pour la vie.

… sans les aménagements nécessaires d’une école normale …

Deuxièmement, bien que les parents soient informés que les infrastructures scolaires seront disponibles, celles-ci ne seront pas complètes. Ainsi, il n’est pas prévu d’installations sportives, de salles de sport ou d’espace pour les activités para-scolaires. Or, de telles installations sont requises, soit par le programme, soit dans le cadre de la vie scolaire normale, de sorte qu’elles ne pourront être fournies que par le biais d’un trajet en bus vers un autre lieu au milieu d’un agenda scolaire déjà bien pourvu. Bien que le site semble pouvoir accueillir une petite cantine (seulement pour 150 étudiants), celle-ci ne permettra pas d’accueillir 1.200 élèves, pour lesquels les options en termes de déjeuner ne sont pas identifiées ; l’itinérance dans les rues d’Arts-Loi pour trouver un sandwich n’est certainement pas une solution adéquate. Sans l’éventail complet des installations nécessaires, le site n’est tout simplement pas adapté pour être une école.

… dans un lieu inaccessible où se posent des problèmes de transport majeurs …

Les bus scolaires ne seront pas autorisés dans la zone en raison des problèmes de congestion. Cela signifie que les élèves prendront le bus scolaire jusqu’à une station de métro, de laquelle ils effectueront un trajet de métro supplémentaire pour se rendre au site d’Arts-Loi, ce qui augmentera sensiblement la durée des trajets. Ces élèves seront dans leurs dernières années d’études, nombre d’entre eux se préparant à l’examen de baccalauréat. S’ils doivent perdre deux heures par jour en transport, cela diminuera considérablement les heures disponibles pour étudier, ce qui aura des répercussions sur leurs résultats d’examen. D’autres conséquences du trafic qui n’ont pas été prises en compte dans la proposition sont le fait que de nombreux parents déposeront leurs enfants en voiture, ce qui ajoutera aux problèmes de circulation. L’arrivée et le départ de 1.200 élèves à la fois vont entraîner un encombrement maximal des routes, stations de métro et passages pour piétons, générant un risque pour la sécurité des élèves, à moins que des mesures spécifiques ne soient mises en place pour parer à cette situation.

… qui se traduira par des atteintes à l’éducation et au bien-être de nos enfants …

Enfin, l’impact sera également significatif pour la communauté enseignante, avec des conséquences pédagogiques désastreuses pour les élèves. Etant donné que, dans de nombreuses sections linguistiques, les enseignants sont répartis sur plusieurs années secondaires, ils devront se partager entre le site d’Arts-Loi et le site actuel des écoles dans lesquelles ils enseignent. Cela signifie qu’ils perdront, chaque jour, une heure de cours en transport. Aucune solution n’est proposée sur la manière de rattraper ces enseignements perdus. Les Etats membres n’ont pas été consultés quant à l’envoi d’enseignants supplémentaires. L’impact ne peut qu’être négatif en termes d’heures de cours et de nombre d’options disponibles. Et si cela devait entraîner un changement d’enseignant de S6 à S7, cela serait également préjudiciable aux élèves en préparation de baccalauréat. De nombreux enseignants ont déjà exprimé leur opposition à enseigner sur deux sites et, étant donné qu’il est déjà difficile d’attirer des enseignants de nombreux Etats membres, cela rendra le recrutement encore plus difficile qu’à l’heure actuelle. Nul doute que le manque à gagner sera comblé par le recours au recrutement local, sachant que celui-ci ne permet pas de répondre aux besoins en termes de combinaisons de sujets et de langues, surtout au regard du peu d’attractivité des salaires offerts par les écoles européennes pour ces positions. La qualité de l’enseignement s’en ressentira inévitablement.

L’Union Syndicale veut savoir pourquoi des alternatives de sites plus appropriés ne sont pas étudiées. En particulier, pourquoi un établissement scolaire à développement rapide (utilisant des techniques de construction modulaires modernes) ne pourrait pas être construit sur le site déjà vacant de l’OTAN ? Il s’agit d’un lieu plus pratique, pouvant être desservi par des bus scolaires et disposant d’espace suffisant pour héberger l’ensemble des structures nécessaires à un environnement scolaire normal. Il pourrait être utilisé pour les élèves nouvellement arrivés dans le système scolaire plutôt que de forcer les élèves déjà scolarisés à déménager. Ces techniques, qui sont largement utilisées pour les bâtiments scolaires, pourraient déboucher sur une solution dans un délai aussi court que celui de la conversion des locaux du site d’Arts-Loi.

L’Union Syndicale estime que la solution «rapide» à la surpopulation proposée par le Secrétaire général des écoles européennes aura pour effet d’exposer nos enfants aux conséquences d’un environnement malsain et comporte des risques énormes en termes de mobilité et de perte de qualité de l’enseignement. Les associations de parents devraient être informées et consultées avant que toute proposition sur le site de l’école ne soit faite par le Secrétariat général des écoles européennes.

L’Union Syndicale soutient les associations de parents et estime qu’il est impossible de considérer ce site comme une mesure temporaire. C’est pourquoi, nous demandons votre intervention, en tant que Commissaire responsable des Ressources humaines et du budget, auprès du Secrétaire général des écoles européennes et des autorités belges afin d’arrêter immédiatement la mise en œuvre de ce projet.

Le Comité exécutif – Union Syndicale Bruxelles

2019-01-08T13:55:42+00:0020 décembre 2018|